Article sur ma formation en I2L (Ingénierie des Logiciels Libres)
Par gizmo le mercredi, novembre 8 2006, 12:17 - I2L - Lien permanent
Je suis depuis 1 mois à Calais dans le nord de la France pour suivre la toute nouvelle formation "I2L" (Ingénierie du Logiciel Libre). Voici la présentation de ce Master faite par l'hebdomadaire "Calais réalités". Merci au service communication de la ville de Calais pour m'avoir permis de reprendre cet article sur mon blog.
Les logiciels libres ont leur formation
Le nouveau Master en “ingénierie des logiciels libres” (I2L) est la grande nouveauté de cette rentrée à Calais.
Ces dernières années, portée par une très dynamique communauté d’internautes, une nouvelle forme de programmes informatiques est apparue au grand jour : les logiciels libres. Jusqu’à présent, quand une entreprise ou une administration s’équipait en logiciels (pour la gestion, la comptabilité, les bases de données, la sécurité du réseau, etc.), elle faisait appel à un grand leader du marché tel Microsoft, qui dispose de softwares éprouvés et performants.
Inconvénient, ils sont onéreux et souvent peu évolutifs. Aujourd’hui, de plus en plus de professionnels font confiance aux logiciels libres qui présentent des capacités similaires - voire supérieures - aux références pour un prix bien inférieur. “Libre”, en effet, ne veut pas dire gratuit, mais plutôt que le code informatique de l’application est accessible librement. Autrement dit, chaque informaticien peut pénétrer dans les entrailles du logiciel pour en étudier les rouages, et éventuellement les modifier, les adapter, les améliorer...
Nombre d’entreprises sont donc nées et commercialisent ces solutions “libres”, grapillant petit à petit des parts de marché. L’armée, par exemple, voit son intérêt à opter pour ces produits qui offrent une plus grande transparence dans leur fonctionnement, soit une sécurité non négligeable quand on connaît l’inclination de certains softwares à transmettre discrètement toutes sortes d’informations jusqu’à la société mère... Les PME y trouvent également leur compte, en ne devant plus payer une multitude de licences pour autant d’utilisateurs : le logiciel libre ne se règle qu’une fois. Il subsiste, toutefois, quelques motifs de réticence bien légitimes. Quand le développeur met la clé sous la porte, le client n’a plus d’interlocuteur, là où les multinationales disposent de puissants services clientèle.
Communauté
Les logiciels libres touchent aussi le grand public, le cas le plus célèbre étant sans doute celui de Linux, système d’exploitation gratuit alternatif à l’hégémonique Windows, dont le code est mis à jour en permanence par une communauté d’informaticiens à travers le monde. Celle-ci, très active, reven- dique une totale liberté de créer, d’échanger, de partager son travail sans les contraintes liées à la propriété intellectuelle ou aux pro-fits financiers ; une philosophie qui fait de nombreux adeptes parmi les jeunes férus d’informatique. Désormais, ils ont leur for-mation, et c’est à Calais que ça se passe !
La formation
La formation s’articule en deux années, avec une première d’informatique généraliste, et on entre dans le vif du sujet la seconde année avec plusieurs modules : “systèmes et réseaux”, “développement internet”, “modèles de développement libre”, et un module “migration”. De plus, des cours sont donnés sur le “modèle économique des logiciels libres” (comment les sociétés en vivent-elles), ainsi que des séances sur l’histoire et le Droit dans ce secteur spécifique. En fin d’année scolaire, un stage de 5 mois complètera la formation des jeunes informaticiens. Les intervenants et conférenciers se bousculent au portillon. Le site universitaire calaisien est d’ailleurs soutenu par l’APRIL (association pour la promotion et la recherche en informatique libre), enthousiasmée par l’émergeance d’un enseignement dans ce domaine. “Le Master I2L”, explique Eric Ramat, enseignant-chercheur responsable, “a été créé face à la demande des entreprises du “libre”, dans lesquelles certains de nos étudiants se rendaient en stage, mais qui n’étaient pas formés spécifiquement pour ce métier. Ces sociétés se sont donc tout de suite montré intéressées pour être partenaires avec nous, et nous avons monté le projet en six mois de temps ! Le Master a été habilité par le ministère en mai 2006.” Soit quelques mois seulement avant la rentrée, ce qui n’empêcha pas une centaine de candidatures de parvenir à l’ULCO...pour 24 places. Et Eric Ramat s’attend à beaucoup plus de postulants pour la rentrée 2007.
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